Portrait

Le regard « onirique » de Julie de Waroquier

Par Xavier Navarro · Mis à jour le 3 min de lecture

Si vous ne connaissez pas encore Julie, laissez-moi faire une brève présentation. Jeune prodige (n’ayons pas peur des mots) à l’univers singulier, elle trouve dans la photographie un moyen d’interroger, d’interpeller ses contemporains.

L’interview

En deux/trois phrases, pourrais-tu te présenter (même si je pense que beaucoup de mes lecteurs te connaissent déjà) ? Quel âge as-tu, ta formation ?

J’ai 23 ans, et je suis autodidacte en photographie ; j’avance dans le milieu en découvrant et apprenant au fur et à mesure. Parallèlement, je poursuis des études en philosophie afin de devenir professeur.

Comment en es-tu venu à la photo ? Depuis combien de temps tu photographies ?

J’ai commencé la photographie il y a environ 5 ans. C’est arrivé plus ou moins par hasard : on m’a offert un petit compact pour mes 18 ans, qui ne devait servir qu’à immortaliser mes souvenirs de vacances. Mais très vite, en parallèle de mes études j’ai pris goût à inventer mes propres histoires avec l’appareil, à réaliser des mises en scène.

Tes photos sont fantastiques (dans les deux sens du terme). Explique-nous d’où te vient cette inspiration, qu’est-ce que tu veux dire avec tes clichés, quelle est la démarche philosophique derrière ?

On étiquette souvent mon travail comme « onirique », car je joue beaucoup avec l’imaginaire. Il est vrai que j’aime recourir aux codes du conte et du rêve, pour contester la pensée post-moderne, qui veut nous faire croire que la vie n’a ni sens ni beauté. Cependant je ne souhaite pas simplement faire rêver avec mes images, j’essaie de soulever des questions, de provoquer des introspections. Si je recours à l’onirisme, voire au surréalisme, c’est pour mieux interroger notre monde. Le symbolisme est pour moi une manière de proposer autre chose que la réalité de tous les jours, de montrer ce qu’elle pourrait être en soulignant précisément ce qu’elle n’est pas.

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Quel matériel utilises-tu pour tes prises de vue, et à la post prod ?

J’utilise un d700 avec un 50mm1.4 ; un trépied, un réflecteur très rarement. En post-prod, j’ai longtemps utilisé Gimp mais je travaille à présent avec Photoshop.

Comment ton regard s’est construit au fil du temps ? Comment as-tu cherché/trouvé ton style si particulier ?

Je pense que mon style a naturellement découlé de ce que je portais en moi. Je ne l’ai pas choisi, c’est simplement venu. J’ai toujours réalisé des photos tendant à l’imaginaire, c’est comme une seconde nature. Pour trouver son style, il faut probablement simplement s’écouter, cela revient à comprendre qui on est au fond… une quête de style, c’est une quête de soi-même.

À quel point avoir ton style propre a eu un impact sur ta carrière ?

Cela a certainement joué, mais je manque de recul pour voir réellement l’impact. Il y a sans doute eu aussi de la chance et des rencontres déterminantes.

J’espère que cette découverte de la photographe Julie de Waroquier vous a plu. Je vous dis à très bientôt pour une nouvelle interview 🙂

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Questions fréquentes

On répond à tes questions

La photographie onirique est accessible à qui possède les bases de la prise de vue et un logiciel de retouche. Commencez par définir un thème ou une émotion que vous voulez exprimer, puis construisez une mise en scène simple autour de cette idée. Regardez beaucoup de peinture symboliste et de photographie fine art pour nourrir votre imaginaire visuel. L'autodidaxie est une voie tout à fait légitime dans cette discipline.

Un boîtier hybride ou reflex avec un objectif à grande ouverture (f/1.4 à f/2.8) est idéal pour créer le flou d'arrière-plan caractéristique du portrait onirique. Un trépied est souvent nécessaire pour les mises en scène élaborées. La lumière naturelle suffit dans beaucoup de cas ; un réflecteur permet de la redirectionner sans investir dans du matériel d'éclairage coûteux.

La retouche est un outil majeur de la photographie onirique, mais pas une obligation absolue. Certaines images oniriques sont obtenues uniquement par le choix du lieu, de la lumière et de la mise en scène, sans manipulation numérique importante. La retouche devient indispensable quand le propos nécessite des compositions impossibles à réaliser en un seul cliché.

Le style se révèle progressivement, il ne se décide pas. Photographiez régulièrement, sans contrainte de sujet, puis analysez ce qui revient spontanément dans vos images : les sujets que vous choisissez, les lumières qui vous attirent, les atmosphères que vous recréez naturellement. Ces constantes sont les premiers indicateurs de votre sensibilité propre. Évitez d'imiter directement un photographe que vous admirez — inspirez-vous plutôt de ses motivations que de ses résultats.

Le surréalisme photographique cherche à provoquer l'inconscient en produisant des associations visuelles inattendues ou impossibles — des images qui perturbent la logique ordinaire. La photographie onirique est plus large : elle englobe tout ce qui convoque l'atmosphère du rêve, du conte ou de l'imaginaire, sans nécessairement viser le choc ou l'incohérence. Les deux approches se recoupent mais la photographie onirique peut être très narrative et cohérente dans sa logique interne.
Xavier Navarro

À propos de l'auteur

Xavier Navarro · Photographe, fondateur d'Empara

Photographe professionnel et fondateur d'Empara, plateforme francophone de formation photo en ligne.

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