On peut attendre, comme l’immortel Cartier-Bresson, « l’instant décisif », travailler en embuscade en comptant sur la chance pour qu’il se produise une situation digne d’être photographiée. Et rester le jouet du passage d’un simple nuage.
D’une lumière soudain transformée. C’est le lot du photoreporter, profession à laquelle j’ai appartenu pendant 17 ans.
Mais cette façon de travailler demeure trop hasardeuse pour être viable pour un photographe professionnel. Qui a besoin de « tomber juste » à chaque fois dans la qualité de ses clichés. Sous peine de mettre la clef sous la porte.
Si on dépend de la seule lumière du soleil pour photographier, par exemple, des collections de mode, il n’est possible de shooter que le matin tôt et en fin d’après midi. Et encore, par beau temps : le stylisme et les mannequins perdent beaucoup de leur impact visuel sous une pluie battante. Sachant qu’une collection se photographie en moyenne en 3 jours, comment terminer le travail dans le temps imparti ?
En réalité, tout n’est qu’une question de lumière, et en sachant correctement l’employer, on peut réaliser des photos très qualitatives dans toutes les circonstances : donner l’impression de lumière douce et veloutée sous un soleil zénithal, créer la nuit en plein jour, changer la morphologie d’un visage, donner l’impression de grand soleil par temps orageux et même faire marcher des mannequins en talons aiguilles sur la mer…
Beaucoup de jeunes photographes pensent que la gestion de la lumière est seule réservée aux studios photos. Et qu’il n’y a pas d’autres choix que de subir, partout ailleurs, la lumière d’ambiance, qu’elle soit celle du soleil, d’un néon dans une rue mal éclairée ou de l’abat-jour du salon. Rien n’est plus faux.
D’abord parce qu’on peut régler son boîtier pour accentuer ou au contraire diminuer l’influence de la lumière continue, en jouant sur la vitesse, la sensibilité, l’ouverture et la colorimétrie de la prise de vue. Ensuite parce qu’on peut, selon les besoins, rajouter de la lumière et en transformer le modelé. Transformer l’impact visuel de l’ensemble de la photographie.
En réalité, le monde peut être conçu comme un studio photo. On peut mettre des flashs sur la mer, dans une forêt, dans un appartement ou dans un avion. Tout est possible. Il suffit alors que celui qui « écrit avec de la lumière », le photographe, sache clairement de quelle manière il veut transformer le réel pour lui faire prendre l’aspect qu’il attend.
Tout dépend d’une compréhension bien établie des quantités de lumière à l'œuvre et de leur utilisation.
Avec cette formation, vous allez apprendre que vous pouvez intervenir sur l’ensemble de ces caractères et fabriquer la lumière que vous voulez. Comme une photo n’est composée que d’ombre et de lumière, cela signifie qu’au lieu d’être obligé de subir le réel et de vous en accommoder, vous deviendrez au contraire ce qu’est un peintre devant une toile blanche. Et que tout devient possible.