Mathieu Le Lay, un cinéaste inspiré par la nature

mathieu le lay
 
 

Mathieu Le Lay est un jeune cinéaste français qui travaille sur la relation intense entre l’homme et la nature. Lorsque je regarde un de ces films, je me sens transporté loin d’ici… c’est une véritable bouffée d’air pur et ça fait du bien. Bref, j’aime beaucoup ce qu’il fait 🙂
 
 

© Benjamin Dowie
 
Je vous laisse juger par vous-même :

Keep Exploring – Brice Portolano de Mathieu Le Lay.

Rencontre :

En deux/trois phrases, pourrais-tu te présenter ? Quel âge as-tu, ta formation ?
Mathieu Le Lay, 30 ans. Auteur et réalisateur de films documentaires.
Sur la base d’une licence en écologie « Wildlife Conservation » obtenue en Angleterre, j’ai effectué une année de formation à l’IFFCAM (Institut Francophone de Formation au Cinéma Animalier de Ménigoute), école de cinéma animalier française.

Comment en es-tu venu à la vidéo ? Depuis combien de temps filmes-tu ?
J’en suis venu naturellement, sans en faire d’emblée un objectif professionnel. Passionné depuis tout petit par la nature et animé d’une grande curiosité pour le cinéma et films en tout genre, j’ai passé mon enfance au bord de l’Océan Atlantique, en Bretagne, où j’ai grandi dans ce lieu, vaste terrain de jeu calme, préservé, et sauvage.
En 2005, j’ai vécu ma première véritable expérience, loin de la maison, en effectuant un stage en Australie, pays qui attisait ma curiosité. En immersion dans les parcs naturels australiens pendant deux mois, cette expérience à l’âge de 21 ans fut le véritable déclic dans la suite de mon parcours. L’idée de réaliser des films ne s’est installée qu’après. Avant cela, je disposais seulement d’une petite caméra mini-DV Panasonic jusque là qui me permettait de garder un souvenir amateur de mes toutes premières expériences de voyages. C’est à partir de 2008, après l’année de formation à l’IFFCAM, que j’ai véritablement commencé à écrire et réaliser des projets de films personnels.

American Loneliness – Official Trailer de Mathieu Le Lay.
Comment définirais-tu ton style ?
Je cherche l’émotion dans le réel. Mon style est basé sur la spontanéité, l’instantanéité, sans trucage, sans artifice. J’essaye simplement de composer avec ce que m’offre la nature, en fonction de la lumière et de la météo du moment. Je fonctionne beaucoup à l’instinct. J’accorde une grande importance au cadrage et à l’esthétique de mon image. Je fais en sorte de sublimer au mieux la nature. Parce qu’elle est belle, qu’on lui doit le respect pour tout ce qu’elle nous apporte, à l’être humain. J’aime l’homme dans et avec la nature, en parfaite symbiose avec les éléments naturels. Il s’en dégage quelque chose de puissant, surtout lorsque les personnages font corps avec l’environnement sauvage qui les entoure. Je cherche à faire ressortir au mieux l’âme de mes personnages cinématographiques en communion avec cette Nature vaste et sauvage. Ils sont aussi passionnés et ont quelque chose de fort à nous transmettre au travers de liens intimes et uniques qu’ils tissent avec la nature. La vidéo joue le rôle de passerelle vers le grand public. C’est elle qui permet de raconter leur histoire, de véhiculer un message.

Comment ton regard s’est-il construit au fil du temps ?
Il s’est construit à force d’expérimenter et d’apprendre lors de tournages sur des projets professionnels (« La France Sauvage » en 2010 – Gedeon Programmes, « Un Matin sur Terre » en 2013 – Bonne Pioche Productions, deux séries documentaires animalières pour Arte sur lesquelles j’ai eu la chance de travailler en tant que chef opérateur) et de poursuivre une quête de l’image sur des projets plus personnels où je me suis toujours permis une entière liberté dans la réalisation. J’ai toujours souhaité imposer un style qui m’est propre, ne pas nécessairement suivre des codes, un style qui, d’ailleurs, ne trouve pas toujours sa place dans les circuits plus traditionnels comme ceux de la TV.
Je côtoie beaucoup d’autres faiseurs d’images. C’est une stimulation supplémentaire. Cela enrichie énormément la créativité et m’aide à trouver un style plus affirmé, plus mature au fil du temps. Cela paraît normal mais je sais qu’il évoluera encore dans les années à venir.
Je regarde aussi énormément de films dès que j’en ai le temps. Surtout des films de fiction, les drama, les road movies.

La Quête d’Inspiration – Alexandre Deschaumes • Photographies éthérées | Official Trailer de Mathieu Le Lay.
Lorsque l’on regarde la « Quête d’inspiration », on a l’impression de contempler des photos/tableaux ? Quels sont tes sources d’inspirations (cinéma, photographie, peinture) ?
Sur « La Quête d’Inspiration », Alexandre Deschaumes lui-même était ma source d’inspiration. Le projet a eu lieu parce qu’une alchimie a opéré dès notre rencontre, une harmonie s’est très vite installée sur les tournages du film. Alexandre en parlerait mieux que moi, mais plusieurs artistes peintres tels que William Turner, Caspar David Friedrich et Albert Bierstadt l’inspirent dans son travail. « La Quête d’Inspiration » tente au mieux de retranscrire en vidéo l’univers et les images d’Alexandre, aux ambiances si particulières.
Mes propres inspirations sont souvent issues du cinéma justement, j’y reviens. Je me nourris de films qui m’inspirent. Des réalisateurs comme Terrence Malick, Gus Van Sant, Clint Eastwood, ou Wim Wenders, parmi d’autres encore. La musique est une grande source d’inspiration aussi. Quand je ne suis pas sur le terrain, il n’existe pas une seule journée de travail sans musique qui accompagne mes heures de travail. Les influences sont assez multiples avec des artistes tels que sigur rós, Craig Armstrong, Clem Leek, Matthew Robert Cooper, Hammock qui ont joué un rôle important dans l’une ou l’autre de mes réalisations.
De manière plus générale, l’inspiration a lieu quand je me retrouve fasciné par un sujet que je souhaite aborder.

Quelles sont les différentes étapes de la conception/réalisation d’un de tes films ? Lorsque tu décides de faire un film portrait (Brice Portolano, Alexandre Deschaumes), quelle est ta démarche pour aborder ton sujet ?
La première étape, sans doute la plus importante dans l’élaboration d’un film, est de bien connaître son sujet, pour être en mesure de l’aborder en profondeur, dans toutes ses subtilités. Quand je décide d’orienter un film sur un personnage en particulier (Brice dans « Keep Exploring » ou Alexandre dans « La Quête d’Inspiration »), je passe du temps à discuter avec la personne. Je tente de comprendre au mieux sa démarche, ses propres inspirations, ses influences, sa manière d’appréhender la nature. « Keep Exploring » et « La Quête d’Inspiration » sont à mes yeux deux films bien distincts, bien que la démarche à l’origine soit la même : deux photographes qui explorent la nature en quête d’images et de sens à leur démarche. Bien qu’ils soient tous les deux photographes, leur démarche est bien distincte, unique. L’univers qui en ressort aussi, naturellement. Les lieux de tournage pour réaliser ces films sont souvent choisies en fonction des attirances du photographe lui-même.
La seconde étape importante consiste à monter un dossier de production solide et présentable aux producteurs et chaînes de télévision, de manière concise mais suffisamment détaillée. Enfin, la préparation logistique et matérielle est souvent une étape très rigoureuse, qui demande aussi de s’y atteler pendant un certain temps. Il n’y a pas que l’équipement audiovisuel auquel il faut penser. C’est aussi tout le matériel de bivouac pour vivre des aventures filmiques au milieu d’endroits aussi reculés dans la nature. Je pense notamment à la tente 3 ou 4 saisons, au réchaud, au matelas, au sac de couchage, et j’en passe.

SOARE ÎN INIMĂ, dernier film de Mathieu Le Lay.
Quel matériel utilises-tu pour filmer, et faire ta post prod ?
Sur mes réalisations, j’ai toujours opté pour l’utilisation des boîtiers Canon (5D Mark II & Mark III) avec les optiques Canon série L principalement.
Sur des projets sur lesquels je suis appelé pour travailler, j’ai pu récemment tourner avec les caméras Canon C300.
J’aimerais tourner un de mes films avec la caméra RED, mais je privilégie une unité de tournage légère et discrète pour des tournages plus intimistes et souvent en milieu montagnard. Les poids des sacs dans les aventures sont déjà souvent suffisamment lourds (30-35kg). C’est l’une des raisons principales de ce choix matériel.
Au niveau de la post-prod, je suis pro-Mac, et suis donc fidèle à Final Cut Studio depuis les débuts, puis Pro Tools en mixage son. L’écran Mac en 27 pouces me permet plus de confort dans mon studio de montage. Je stocke toute la matière sur des disques externes de 2 à 4,5To. Tous ces rushs vidéo sont classés et doublés voir triplés avec la production.
comment faire un film
Comment te vois-tu dans cinq ans ?
Je tends à poursuivre une voie personnelle, dans un style qui m’est propre. Je ne cherche pas à tout prix à correspondre à des besoins, à des attentes qui proviennent de « l’industrie ». Je crois beaucoup en l’essor et pouvoir d’Internet aujourd’hui et j’imagine des projets futurs qui pourraient s’appuyer sur cette plateforme pour pouvoir émerger auprès du grand public. Le chemin est encore long et parsemé d’embûches, mais j’espère concrétiser d’ici 5 ans la réalisation de nouveaux films, pourquoi pas d’ici là expérimenter la fiction! Toujours en gardant un attrait fort pour la nature.
Passion, inspiration, fascination. Des mots qui sont mon moteur et me poussent à aller toujours plus loin, à voir toujours plus haut.
comment faire un film
Le mot de la fin ?
Si j’avais un conseil à donner aux personnes qui souhaitent expérimenter la vidéo, ce serait de commencer par réaliser un film court sur un sujet qui les fascine, qui les inspire. Puis de faire en sorte de penser à la construction du film, au montage donc, quand ils tournent les images. C’est surtout l’histoire qu’on va raconter qui importe.
comment faire un film
comment faire un film
 


 
 

Le dernier film, « American Loneliness », qui raconte son périple solitaire de 6 semaines dans le Nord-Ouest américain (Colorado, Wyoming, Montana, Washington) sort ce mois-ci en DVD et Blu-ray.
Les commandes sont possibles dès à présent depuis ce lien : www.mathieulelay.com/store/
Egalement disponible en VOD : www.vimeo.com/ondemand/americanlonelinessfr

 
Si vous souhaitez en voir d’avantage, voici quelques liens :
internet-logo   www.mathieulelay.com
facebook-logo   www.facebook.com/mathieulelayfilmmaker
vimeo-logo   vimeo.com/mathieulelay
 
J’espère que cette découverte du cinéaste Mathieu le Lay vous a plu. Je vous dis à très bientôt pour une nouvelle interview 🙂
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15 réflexions sur “Mathieu Le Lay, un cinéaste inspiré par la nature”

  1. Juste magnifique , très vrai d’y retrouver l’univers de W.Turner ou V.Wenders , la nature est belle , ouvrons l’œil pour mieux la préserver et l’apprécier… joli cadeau de fin d’année qui nous permet de rêver et prolonger l’instant.
    Merci à Mathieu et Xavier pour ce joli partage…Belles fêtes à vous tous

  2. Excellent sujet et super cinéaste
    C’est vrai que Mathieu Le Lay , nous invite à l’évasion . Bravo à lui
    Merci à objectif photographe pour ce sujet

  3. Félicitations à cert artiste pour ces superbes images, très probablement énormément de travail derrière tout ça.
    Ca fait rêver, ça donne envie de s’évader, d’enfiler les chaussures de randonnée, prendre un vol, craquer pour le 5D3 que je convoite (;-)) et vivre un peu la même vie, loin de l’ennuyeux train train quotidien.

  4. Merci beaucoup pour cette belle interview offerte en cette fin d’année, où nous avons tous besoin d’une bouffée d’air pur pour redémarrer sur de bonnes bases. Je ne connaissais pas Mathieu Le Lay, mais c’est un vrai plaisir d’avoir fait sa découverte aujourd’hui. A suivre volontiers!
    Belle fin d’année à vous tous, d’Objectif photographe! 🙂

  5. Merci beaucoup pour ce reportage « rafraîchissant » qui fait du bien.
    C’est exactement ça, un retour aux sources. Après ces belles images, on a juste envie de faire un « fond de sac » et partir en randonnée, accompagné d’un trépied et d’un APN.
    Merci de nous faire quitter 2014 sur ces belles images.
    A plus.

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